La formation en psychothérapie ne s’ouvre pas à tout le monde : elle suppose un doctorat en médecine ou un master mention psychologie ou psychanalyse. Elle conduit à l’inscription sur le registre national des psychothérapeutes, tenu auprès de l’ARS, et seule cette inscription donne le droit de porter le titre.
Le titre de psychothérapeute, un titre protégé par la loi
Le titre est réglementé depuis la loi de 2004. Son application passe par le décret n° 2010-534 du 20 mai 2010, publié au Journal officiel du 22 mai 2010.
Ce texte crée un registre national des psychothérapeutes. Pour y figurer, il faut justifier d’une formation en psychopathologie clinique et d’un stage pratique, puis déposer un dossier auprès de l’ARS.
Le titre est donc une inscription administrative, pas un simple diplôme. Un cursus suivi, même long, ne suffit pas tant que le dossier n’est pas accepté.
Pour les professionnels déjà en exercice lors de l’entrée en vigueur du texte, le décret a prévu une mesure transitoire : une dispense pouvait être accordée par le préfet du département, après avis d’une commission. Ce régime concerne les situations anciennes, pas les candidats d’aujourd’hui.
Diplômes exigés pour suivre une formation en psychothérapie
Le décret réserve l’accès à deux familles de diplômes. La première regroupe les titulaires d’un doctorat qui permet d’exercer la médecine en France. La seconde regroupe les titulaires d’un master mention psychologie ou mention psychanalyse.
Un licencié, un titulaire d’un master dans une autre discipline ou un professionnel du coaching ne remplit donc pas la condition de départ. Il doit d’abord reprendre un cursus universitaire, ce qui allonge le projet de plusieurs années selon son point de départ. Les médecins généralistes, eux aussi, doivent suivre la formation : leur formation continue des généralistes ne remplace pas ce cursus.
Contenu de la formation : 400 heures de théorie et un stage
Le socle fixé par le décret comprend au moins 400 heures de formation théorique en psychopathologie clinique et un stage pratique d’au moins cinq mois. Le stage se déroule auprès de professionnels, dans des établissements ou des services accueillant des personnes en souffrance psychique.

Ces durées ne s’appliquent pas de la même façon à tous. L’annexe du décret prévoit des dispenses totales ou partielles selon le parcours initial, et un candidat relevant de plusieurs catégories bénéficie de la plus favorable.
| Profil de départ | Ce que la formation ajoute |
|---|---|
| Médecin | Complément en psychopathologie clinique, selon les dispenses de l’annexe |
| Psychologue | Dispenses partielles en théorie et en stage, selon la spécialité du master |
| Psychanalyste | Dispenses selon le master suivi et la pratique reconnue |
Durée, coût et financement d’un cursus agréé
La durée réelle dépend donc du profil : de quelques mois de complément pour un clinicien déjà formé à une formation complète étalée sur plusieurs semestres pour un titulaire d’un master éloigné de la clinique. Les prix varient fortement d’un cursus à l’autre, et il vaut mieux demander le tarif complet avant de s’engager, stage compris.
Le financement passe en général par l’employeur ou par le compte personnel de formation. Pour vérifier si un cursus est éligible et à quelle hauteur, le guide pour utiliser son compte formation détaille la démarche.
Psychothérapeute, psychopraticien, thérapeute en relation d’aide
Un psychopraticien accompagne des personnes par la parole, avec une méthode apprise en école privée. Son appellation n’est pas réglementée : n’importe quel parcours, court ou long, peut y mener, et aucun registre ne le contrôle.

La frontière est nette sur un point : un psychopraticien ne peut pas s’annoncer psychothérapeute sans être inscrit au registre. Sa plaque, son site et ses cartes de visite doivent s’en tenir à son appellation réelle. Il en va de même pour un thérapeute en relation d’aide.
Pour le public, la différence se lit ainsi : le titre protégé garantit un diplôme d’accès et une formation clinique contrôlée, l’appellation libre ne garantit rien de tel.
Se lancer en reconversion : les étapes dans l’ordre
Une reconversion vers ce métier suit un ordre précis, qu’on peut résumer en quatre points.
- Vérifier que son diplôme relève de la médecine ou d’un master de psychologie ou de psychanalyse.
- Reprendre un master si ce n’est pas le cas, par exemple en formation en alternance pour garder un revenu.
- Choisir un cursus agréé qui annonce clairement son volume horaire et un stage encadré.
- Déposer le dossier d’inscription au registre auprès de l’ARS, avec les justificatifs du diplôme, de la formation et du stage.
Pour un salarié, changer de métier par la formation demande aussi de prévoir l’organisation du stage, qui dure au moins cinq mois.
Le titre ne s’obtient qu’à la fin du parcours, après décision de l’ARS sur le dossier. Avant cette inscription, aucune plaque ne peut porter la mention de psychothérapeute.

